11
GRACIÁN, Baltasar, El Criticón, ed. Evaristo Correa Calderón, Madrid, Espasa-Calpe, t. 1, p. 1, cr. 2, p. 20, («Clásicos Castellanos»).
12
PÉREZ DE VARGAS, op. cit., lib. 1, cap. V, «De la edad del mundo total y de su principio», fols. 3r-4r.
13
Fray Rodrigo de Yepes, Discurso y tractado de la peregrinación que Iesu Christo nuestro señor hizo en este mundo, sanctificando con su presencia los lugares de la tierra de Promissión, desde que nació en Bethleem, hasta que se subió a los Cielos, poniendo con diligencia el día, mes, y año, y el lugar en que las cossas passaron, 1583, fol. 53v. Le titre est tout un programme: souci d'exactitude non pas scientifique, mais liturgique: la date précise est intéressante en ce qu'elle est signifiante d'un mystère. L'ouvrage est un des traités publiés à la suite de la Historia de la muerte y glorioso martyrio del Sancto Innocente que llaman el Niño de la Guardia, natural de la ciudad de Toledo. Con otros tractados, Madrid, 1583.
14
«Gualtero monacho,
hablando de la edad del Mundo, dize: "Manifiesta cosa es, conforme
a la investigación de los sagrados y cathólicos
doctores, aver sido la cabeça de Aries cabeça y
principio del Mundo en figura y memoria del cordero que
quitó los pecados del mundo"»
,
fol. 4r., dans lib. 1, cap. V
de Pérez de Vargas, op.
cit.
15
Toujours la grotte, où se manifestent la naissance, la renaissance, la hiérophanie: grotte de Bethléem, grotte du Saint-Sépulcre, grotte de Covadonga, berceau de la Reconquête, grotte de Mantesa, grotte d'Andrenio, grotte de Lourdes, etc. Benito Pelegrín a déjà observé que la grotte d'Andrenio pouvait être perçue comme un écho de la grotte où Iñigo de Loyola séjourna à Manrése (Le fil perdu..., p. 148).
16
Criticón, p. 1, cr. 1 à 4.
17
Ibid., p. 1, cr. 5.
18
Ibid., p. 1, cr. 5.,
pp. 71-72 et cr. 6
(Estado del
Siglo.) C'est à Benito Pelegrín que revient le
mérite d'avoir établi irréfutablement la
logique géographique du Criticón en démontrant notamment
l'aberration de la critique traditionnelle qui, à la suite
de Romera Navarro, reconnaissait Madrid dans «una de sus más
célebres ciudades [del mundo], gran Babilonia de
España, emporio de sus riquezas, teatro augusto de las
letras y las armas, esfera de la nobleza y gran plaza de la vida
humana [...] ciudad populosa y al sol de
mediodía»
( p. I, cr. 5, p. 71). Il est évident
qu'il ne peut s'agir de Madrid, mais de Séville. Le
problème, c'est que deux «Babel-Babylone» aux
traits comparables se succèdent: celle de la
«crise» 6 («Estado del
Siglo») dont les deux héros sortent (cr.
7, p. 95: «el cual
[Quirón], habiéndolos sacado de aquel confuso Babel,
registro de todo el mundo [...]»
) pour
pénétrer, après l'épisode de la
Fuente de los
engaños, dans la seconde (cr. 7, p. 104), aux traits
plus spécifiquement sevillans. Benito Pelegrín tourne
la difficulté en imaginant que la première pourrait
être Triana, ce qui n'est pas convaincant, ou Cadix (Le
fil perdu..., p. 113), ce qui l'est bien davantage. Cadix,
même si elle n'est pas située au bord du Guadalquivir,
faisait partie du même complexe portuaire que Séville,
dont elle constituait l'avant-port. Elle partageait avec
Séville le «registro de todo el
mundo» autrement dit, en langage plus
prosaïque, le contrôle du commerce américain,
assuré par la Casa de Contratación, qui avait son
siège à Séville et un
délégué permanent à Cadix, dès
1535. Le partage du monopole entre les deux ports,
complémentaires mais concurrents, n'était pas sans
heurts. Cadix, qui pouvait accueillir les bateaux de fort tonnage
qui avaient des difficultés à remonter le
Guadalquivir, finit par l'emporter: vers 1680, elle devint la base
principale du chargement et du déchargement des flottes
d'Amérique. Cette victoire du port maritime sur le port
fluvial sera consacrée, en 1717, par le transfert de la
Casa de
Contratación de Séville à Cadix (voir
CHAUNU, Pierre, Séville et l'Amérique aux
XVIe et
XVIIe
siècles [résumé du monumental
Séville et l'Atlantique] Paris, Flammarion, 1977,
pp. 42-48). Mais au milieu du
XVIIe
siècle, à l'époque de la première
partie du Criticón, Cadix était encore loin
d'avoir détrôné Séville, même sur
le plan commercial. Séville gardait en outre une
suprématie culturelle incontestée. C'est pourquoi
Cadix ne saurait partager avec Séville le qualificatif
d'«una de las mas
célebres ciudades del mundo»
ni
celui de «teatro augusto de
las letras y de las armas»
. Il faut donc
voir, à mon avis, dans la première
«Babel-Babylone» un combiné entre les deux
cités, également marchandes et cosmopolites, donc
suspectes pour l'auteur du Criticón.
19
Criticón, p. 1, cr. 7, p. 104.
20
PELEGRÍN, B., Le fil perdu..., édition citée, p. 34.