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Dans notre étude sur les lectures et les bibliothèques pour la jeunesse catholique, nous avons souligné l'influence des initiatives d'éditeurs et libraires français comme Mame à Tours, Mégard à Rouen, ainsi que Gaume, Casterman et Plon à Paris, qui proposent tous des bibliothèques pour les familles chrétiennes. D'autres initiatives comme celle de l'abbé Rousier, fondateur de la Bibliothèque Chrétienne et de l'Oeuvre des bons livres de Limoges sont considérées comme un exemple et inspirent les libraires et éditeurs espagnols. Voir l'article «Enfances et lectures»; in: La littérature pour enfants dans les textes hispaniques, Infantina, Paris, L'Harmattan, 2004, pp. 49-63.
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Bibliographie Catholique, 1842-1843, p. 64.
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Gabino Tejado, 1865, p. 4.
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Madame Genlis (1746-1830), Stéphanie Félicité du Crest de Saint Aubin de son vrai nom, écrivain du XVIIIe siècle, fut la Dame d'honneur de la duchesse de Chartrès (1770) et se vit confier l'éducation des enfants de la famille d'Orléans. Elle est l'auteur de nombreux ouvrages pédagogiques dont s'inspirèrent des romancières espagnoles comme Pilar Pascual de San Juan ou María del Pilar Sinués de Marco. Parmi ses ouvrages, citons Adèle et Théodore (1782), Veillées du château (1784), Les petits émigrés (1798) et surtout son oeuvre en dix volumes Mémoires inédits sur le XVIIIe siècle et sur la Révolution (1825).
Sophie Risteau Cottin (1770-1807) connut un certain succès avec des romans mettant en scène des femmes: Claire d'Albe (1799), Malvina (1801), Amélie de Mansfield (1803), Mathilde (1805) et Elisabeth ou les exilés de Sibérie (1806). Ces deux derniers romans furent adaptés et traduits «librement» en Espagne au XIXe siècle.
Quant à Madame de Staël (1766-1817), Germaine Necker, baronne de Staël-Holstein, bien que considérée moins «orthodoxe» par l'institution ecclésiastique, elle bénéficia d'un certain prestige en Espagne où ses deux romans Delphine (1802) et Corinne ou l'Italie (1807) figuraient dans les catalogues des libraires catholiques.
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Au XIXe siècle, un certain nombre d'éditeurs-libraires qui faisaient profession de foi catholique et bénéficiaient de l'appui de la hiérarchie religieuse, privilégièrent la publication de romans pieux et édifiants. L'établissement Subirana place sous l'autorité morale du franciscain Ramón Buldú annonce dans ses catalogues que ceux-ci n'incluent que des ouvrages destines à un public pieux: clergé, religieuses, directeurs de collèges et pères de famille. L'établissement madrilène de Antonio Pérez Dubrull annonce, à partir de 1870, une collection de romans «moraux» destines à la jeunesse.
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Louis Veuillot (1813-1883), journaliste, catholique français directeur du journal intégriste L'Univers, fut une référence incontournable pour de nombreux écrivains catholiques espagnols. Ses contes, légendes et récits édifiants étaient régulièrement traduits, adaptes et publiés dans la presse catholique d'Espagne.
Hendrik Conscience (1812-1883), connu en Espagne sous le nom de Enrique Conscience, était un écrivain belge d'expression flamande qui bénéficia d'un certain succès avec la publication de romans historiques dans la tradition de Walter Scott, entre autres, Le lion de Flandres (1838) et de romans de moeurs populaires au contenu moral, notamment Le conscrit (1850), Le gentilhomme pauvre (1851). Un de ses romans fut traduit et adapté par Pilar Sinués del Marco: Amor después de la muerte.
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Jean-François Botrel, Libros, prensa y lectura en la España del siglo XIX, 1993, pp. 525-527.
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Fabiola..., 1857, p. 9.
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Aurora Lista, de son vrai nom Luisa Torralba de Marti, fut une collaboratrice assidue de revues catholiques comme El Diario de Barcelona et traditionalistes comme la Revista Popular de Barcelone.
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Revista Popular, 13 mai 1896, p. 319. Voir également notre article «Mythologie réactionnaire et idéologie contre-révolutionnaire»; in: Hommage à Carlos Serrano, pp. 71-89.