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Juan de la Cruz Cano y Holmedilla, Colección de trajes de España tanto antiguos como modernos, Mad., 1777-1788. Rééditée, avec les planches en couleurs, par Valeriano Bozal, M., Turner, 1988. La Gazeta permet de nuancer quelque peu la chronologie proposée par Bozal à propos du sixième cahier: le 16 mars 1787 elle annonce «La viuda noble [de las islas Canarias], El lugareño [isleño de las Canarias] y El serrano de las islas Canarias [...de la Gran Canaria]. Con ellas se completan 6 quadernos de a 12 trages cada uno hasta el núm. 72, sin las 3 que contiene del teatro y el frontispicio». En vente à la librairie Copín et chez l'auteur.



 

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Selon la légende de la gravure, inversée, du Museo Municipal de Madrid (IN 2505) ces vers sont tirés de «la tonadilla de D. Diego de la Riba», dont j'ignore la date exacte. Miguel Garrido, venu de province, fut acteur à Madrid de 1773 à 1804.



 

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Introduction à la réedition précédemment citée, p. 10.



 

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Vid. Jacques Ruppert, Le costume, III (Louis XIV, Louis XV), Paris, R. Ducher, 1931, p. 33, planche VI (vêtement de 1725), et p. 46, fig. 53, d'après Lancret (1730). Ferdinand VI enfant, peint par Jean Ranc vers 1723, Philippe V, dans le tableau de L. M. Van Loo représentant la famille royale (1743), ainsi que le peintre lui-même, dans son autoportrait en compagnie de sa soeur, portent également le bas roulé (vid. Y. Bottineau et alii, L'art européen à la Cour d'Espagne au XVIIIe siècle, P., Ed. de la Réunion des musées nationaux, 1979, pp. 136, 149 et 153).



 

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Numéro 2, p. 28.



 

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Numéro 1, p. 9.



 

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Numéro 3, p. 56.



 

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Numéro 1, p. 5.



 

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Il n'est pas sans intérêt de remarquer que le septième et dernier numéro du Duende de Madrid prend la forme d'un «sueño», d'un récit fantastique, dont les acteurs portent des noms étranges, et dans lequel des mères et des filles s'entretiennent sur le luxe. Peut-être cette différence formelle est-elle imputable à un de ces collaborateurs bénévoles auxquels fait appel le premier numéro. En tout cas, les deux dernières pages contiennent deux vignettes en couleurs représentant respectivement une tenue féminine luxueuse et une tenue sobre, l'une et l'autre voisines de celles que grava Juan de la Cruz (79 et 80), et tant l'artiste que le journaliste se réfèrent au Discurso sobre le luxo de las señoras y proyecto de un trage nacional, prétendument rédigé par une femme souhaitant garder l'anonymat, et publié cette même année 1788, avant le 15 février, date à laquelle il fut adressé à Floridablanca; l'ouvrage, qui fit grand bruit, proposait, à partir de trois modèles principaux classés par ordre décroissant, «la Española», «la Carolina» et «la Borbonesa o Madrileña», différents vêtements féminins adaptés aux différents degrés de la hiérarchie sociale des intéressées. La Junta de Damas de la Sociedad Económica Matritense participa à la polémique qui s'ensuivit (P. Demerson, op. cit., ch. VIII).

Quant aux Diálogos de D. Benito, dont Guinard n'a, dit-il, trouvé que le nº VI, sans en indiquer la provenance, un recueil factice, cartonné, de divers folletos, conservé à la B. N. de Madrid sous la cote Cervantes 1626 (ancienne collection Gayangos), a contenu jusqu'à une date indéterminée ce numéro, ainsi que l'indique la table des matières ms. en tête de l'ouvrage; mais le document, ainsi que d'autres placés comme lui parmi les derniers, a disparu. Fait curieux cependant: la reliure intérieure ne présente aucune trace d'arrachement; c'est donc avant cette nouvelle reliure, datable des premières décennies de notre siècle (?), que le larcin -si larcin il y eut- a dû être commis; à moins que la B.N. n'ait tout simplement acquis le document déjà amputé de ses dernières brochures et que le bibliothécaire chargé d'établir la fiche de l'ouvrage ne se soit contenté d'utiliser l'index (Diálogos de D. Benito / 51 p.). Il s'ensuit que je ne connais pas le contenu de ce misérable esseulé.

En revanche, j'ai retrouvé, sans aucune recherche particulière, les volumes I et II de ces Diálogos... à la Hemeroteca Municipal de Madrid (A 258). Dans le premier (non daté, 21 p.), la filiation, pour ne pas dire l'identité, est clairement affirmée: bien qu'on nous dise que «ya no hay Duende ni cosa que huele a ello» (p. 2), l'esprit follet réapparaît et propose à D. Benito de rédiger une Guía Económica de Forasteros, dont le besoin se fait sentir à Madrid, mais celui-ci le supplie de le laisser en paix et «de ver si hay algún Volante desocupado de los muchos que hay en esta Corte para que desempeñe ese empleo»; l'autre s'en va, dépité; et D. Benito de se demander: «¿Y quién sabe si por haber vencido a este vestiglo en descomunal batalla [ce qui rappelle au moins deux titres de chapitres du «D. Quichotte», ou -mais il s'agit en fait de la même chose- celui de telle satire, très récente, contre García de la Huerta] me llamarán el Caballero del Duende, y no es pequeña prueba de este blasón futuro la de que ya ando retratado por estas calles ni más ni menos que si fuera mi misma figura y con una medalla al pecho que representa al Duende mi competidor (ª) [...] (a) Don Juan de la Cruz, bien conocido en esta Corte por su mucha havilidad ha gravado la estampa de D. Benito del mismo modo que se le figura en el Escrito del Duende de Madrid». Il fait aussi référence au nº V, qui contient une défense des savetiers («... no pudo llegar a más que hacerme Diputado de Zapateros»). Mais si le titre de la brochure annonce des Diálogos, c'est que D. Benito, en bon disciple, en engage plusieurs avec un «venerable Filósofo» madrilène sur la béatitude éternelle, la vie honnête et vertueuse, etc., avec force («moult», comme disent avec autant d'élégance que de correction nos journalistes actuels) citations d'Aristote, Sénèque, «Marcrobio [sic] y otros», toutes choses qui, disons-le, ne semblent pas avoir marqué d'un sceau indélébile la pensée universelle. Quant au nº II, vendu comme le précédent chez le libraire Quiroga, «calle de la Concepción Gerónima y en la de Correos, frente a las gradas de San Felipe el Real», il n'y est encore commis qu'un prêchi-prêcha «filosóficomoral».

Retenons seulement que D. Benito enrage comme il le faisait -ou le faisait son frère et prédécesseur- dans El Duende de Madrid lorsqu'on utilise pour le désigner une «voz de tanto desprecio» telle que «Cordelero», et se dit natif de Chinchilla, ce qui n'est pas sans rappeler, plus que le «linajudo» Dómine Lucas, de Cañizares, le «loco de Chinchilla» cher à García de la Huerta, mort en 1787 («Huerta, no el loco», comme aurait précisé plaisamment Leandro Moratín...).

Mais reconnaissons, hélas, pour conclure, que le «second» D. Benito ne nous aide guère à résoudre le problème de l'authenticité ou du caractère simplement mythique du premier.






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